Etienne Genoud

Etienne Genoud, bénévole dans la Vallée de la Jogne<br/>

Etienne Genoud, 79 ans, bénévole dans la Vallée de la Jogne depuis 3 ans.

«Pour moi, le bénévolat, c'est plaisir, rencontre, gratitude.»

Étienne Genoud, le goût des autres

À 79 ans, Étienne Genoud cultive avec simplicité ce qui a toujours guidé sa vie : le lien aux autres. Médecin généraliste à Charmey pendant près de quarante ans, de 1978 à 2015, il a accompagné des générations de patients avant de poursuivre son engagement autrement, avec la même attention.

Au moment de prendre sa retraite, Étienne ne ralentit pas : il rejoint rapidement la vie associative locale, puis le Conseil communal de Val-de-Charmey, où il prend en charge le dicastère santé et social. Il est alors directement confronté aux enjeux liés au vieillissement de la population. Avec plusieurs communes de la vallée de la Jogne, il contribue à développer une approche collective et solidaire autour de ces enjeux, en collaboration avec les communes voisines.

Son engagement ne date pas d’hier. Déjà adolescent, comme scout, il participait à des actions solidaires. Une « petite fibre » qui ne l’a jamais quitté. «Étant de cette génération qui a eu la chance de vivre une vie extraordinaire, facile, je pense que c’est le grand moment de prouver sa gratitude.»

«Étant de cette génération qui a eu la chance de vivre une vie extraordinaire, facile, je pense que c’est le grand moment de prouver sa gratitude.»

Aujourd’hui bénévole chez Pro Senectute Fribourg, Étienne s’implique dans des activités variées pour les seniors qui permettent de se retrouver, de bouger et de partager. «Le premier lundi du mois, j’accompagne des personnes qui ont des difficultés à marcher […]. Il faut parfois juste un bras», explique-t-il. «Le deuxième lundi du mois […], on organise les jeux de société […] et on a toujours, en tout cas, entre 15 et 20 personnes.» Le troisième lundi est consacré à la pétanque, tandis que «le quatrième, papotage et tricotage. Je m’abstiens.» dit-il en rigolant.

Des rencontres marquantes qui font prendre conscience de la fragilité de la vie

Au fil des années, ce sont les rencontres qui marquent le plus Étienne. Il évoque avec émotion ses promenades avec un homme de 91 ans, passionné de montagne : «Chaque fois que je m’assieds sur un banc, je l’entends encore dire : “Ah, ce qu’on est bien ici, Ah, ce qu’on a un beau pays”» Des instants simples, empreints de reconnaissance et de sérénité.

L’engagement bénévole lui apporte un sentiment profond de bien-être : «C’est un plaisir comparable à celui qu’on ressent après une répétition de chorale. On se sent bien.» Et aussi une prise de conscience : celle de la fragilité de la vie, de l’importance de la santé, et du temps qui passe. «On doit apprécier d’avoir la santé […] on pense aussi tout simplement à la mort. Et on doit s’y préparer.»

Pour Étienne, le bénévolat s’inscrit naturellement dans la vie de village, où la solidarité fait partie du quotidien. «On n'a pas besoin d'aller sonner chez les gens ou comme ça. Ça se fait naturellement.» Un engagement qui se transmet au fil des générations.

S’il devait résumer son expérience en trois mots, il n’hésite pas : «plaisir, rencontre, gratitude.»

 

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